J’anime depuis un an, au sein du centre de l’insomnie de Toulouse Psysomnie, des ateliers sur le thème de l’abaissement de l’hyper éveil. Ces ateliers s’adressent aux personnes souffrant d’insomnie, ils s’inscrivent dans la complémentarité avec l’approche en TCCi (Thérapie Comportementale et Cognitive de l’insomnie) dispensée par le Centre. Jusqu’à présent, ils étaient principalement proposés aux patients suivis par le Centre. Ils sont désormais ouverts à tous, dans la limite des places disponibles.
Depuis mai, je propose également au centre de l’insomnie, des consultations individuelles en sophrologie de l’insomnie.
Cette collaboration s’inscrit dans la continuité du travail que je mène depuis 2008 auprès des personnes confrontées à l’insomnie et aux mécanismes d’hyper éveil qui peuvent l’entretenir.
Un centre spécialisé dans la prise en charge de l’insomnie chronique
Créé par Séverine Brune, psychologue spécialisée dans les troubles du sommeil, PsySomnie – Centre de l’Insomnie de Toulouse, anciennement CEGRESS, accueille depuis 2021 les personnes souffrant d’insomnie chronique.
Le Centre propose une prise en charge structurée autour du Traitement Comportemental et Cognitif de l’Insomnie (TCC-I). Ce traitement de référence agit sur les comportements, les habitudes et les pensées susceptibles de contribuer au maintien de l’insomnie.
Il travaille également en lien avec les centres du sommeil et différents professionnels de santé de la région toulousaine. Cette organisation permet d’inscrire l’accompagnement de l’insomnie dans un parcours de soin identifié, en fonction de la situation et des besoins de chaque patient.
Une rencontre professionnelle autour du sommeil
Cette collaboration s’est faite suite à notre rencontre lors des Journées Pratiques Respiration Sommeil (JPRS), un congrès réunissant des professionnels de santé autour des troubles respiratoires et du sommeil. J’y coanimais une conférence sur la sophrologie de l’insomnie et l’hypnose avec le Dr Christophe Raspaud et Eugénie Cignaco praticienne en hypnose.
Nos échanges ont fait apparaître une vision commune de l’accompagnement de l’insomnie : les difficultés de sommeil ne relèvent pas toujours d’un simple manque de détente ou de mauvaises habitudes. Chez de nombreuses personnes, l’insomnie s’accompagne d’un état d’alerte persistant qui rend difficile le passage de l’éveil au sommeil.
C’est notamment autour de cette question de l’hyper éveil que notre collaboration s’est construite, avec la mise en place d’ateliers collectifs, puis de consultations individuelles de sophrologie au sein du Centre.
L’hyper éveil : être fatigué sans parvenir à dormir
Les personnes souffrant d’insomnie décrivent souvent une situation paradoxale : elles se sentent épuisées, mais leur corps ou leur esprit ne parvient pas à ralentir au moment de dormir.
L’hyper éveil peut prendre différentes formes :
- des tensions corporelles persistantes ;
- une sensibilité accrue aux bruits ou aux sensations ;
- des pensées qui s’enchaînent au moment du coucher ;
- un esprit qui se remet immédiatement en activité lors d’un réveil nocturne ;
- une surveillance constante du sommeil ;
- une appréhension croissante à l’approche de la nuit ;
- une difficulté à récupérer, même pendant les périodes de repos.
La crainte de ne pas dormir et l’attention portée aux conséquences de la fatigue peuvent progressivement accentuer cet état d’alerte. L’hyper éveil devient alors l’un des mécanismes qui entretiennent l’insomnie, parfois longtemps après la disparition de son facteur déclencheur initial.
Quelle place pour la sophrologie de l’insomnie dans l’accompagnement de l’insomnie ?
Je me suis formée auprès de l’équipe de sophrologues du Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu à Paris, où la sophrologie appliquée à l’insomnie est développée et pratiquée depuis plus de 25 ans.
Cette approche ne consiste pas uniquement à rechercher la détente, ni à essayer de « faire le vide » pour s’endormir. Elle s’appuie notamment sur des pratiques très dynamiques en journée et des techniques spécifiques lors des difficultés d’endormissement ou réveil nocturne.
Ces exercices sont particulièrement adaptés aux états d’hyperéveil. Pour une personne très tendue ou mentalement suractivée, rester immobile en essayant de se détendre peut en effet devenir une contrainte supplémentaire. Les pratiques dynamiques offrent une manière plus adaptée de réguler les tensions et le niveau d’activation.
L’accompagnement que je propose peut dans certains cas intégrer des pratiques de méditation de pleine conscience adaptées aux problématiques de sommeil. L’objectif n’est pas de provoquer le sommeil à tout prix, mais d’apprendre à réagir autrement aux pensées, aux sensations inconfortables et aux périodes d’éveil.
La sophrologie ne remplace ni le diagnostic médical ni le Traitement Comportemental et Cognitif de l’Insomnie. Elle peut intervenir en première intention ou de manière complémentaire, notamment pour agir sur les manifestations physiques, mentales et émotionnelles de l’hyperéveil.
Quatre ateliers d’abaissement de l’hyper éveil
J’anime au Centre de l’Insomnie quatre ateliers collectifs d’une durée de 1 h 30 :
- Réguler le stress physiologique pour abaisser l’hyperéveil
- Réguler la surcharge mentale pour abaisser l’hyperéveil
- Agir sur la fatigue et la récupération en journée pour améliorer le sommeil
- Méditation de pleine conscience et insomnie
Ces ateliers associent des repères théoriques permettant de mieux comprendre les mécanismes en jeu et l’expérimentation de pratiques pouvant être réutilisées au quotidien.
Découvrir les quatre ateliers d’abaissement de l’hyperéveil
Des consultations individuelles en sophrologie de l’insomnie
Depuis mai, je reçois également en consultation individuelle au Centre. Ce format permet d’adapter l’accompagnement aux difficultés et aux réactions propres à chaque personne : endormissements longs, réveils nocturnes, ruminations, tensions corporelles, anxiété liée au sommeil ou retentissement de la fatigue pendant la journée.
Plus largement, ma pratique concerne aussi les personnes atteintes d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) qui rencontrent des difficultés à s’adapter à leur traitement par ventilation nocturne.
Dans cette situation, la sophrologie ne traite pas l’apnée et ne se substitue pas au suivi médical. Elle peut toutefois accompagner la tolérance du masque et des sensations provoquées par la ventilation, réduire certaines réactions de tension ou d’appréhension et faciliter l’appropriation progressive du traitement.
Une collaboration dans la continuité de mon parcours
Cette collaboration avec le Centre de l’Insomnie me permet de poursuivre mon travail sur le sommeil dans un cadre spécifiquement consacré à l’insomnie chronique, aux côtés d’autres professionnels spécialisés.
Elle marque aussi une nouvelle étape dans une pratique construite depuis 2008 autour de l’insomnie, de l’hyperéveil et de leurs répercussions sur la vie quotidienne.
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